Violences conjugales : brisons le silence !
Par Laurent Louis Justice

Violences conjugales : brisons le silence !

Les violences conjugales ne sont pas une affaire privée. Elles détruisent des vies, des familles et l’avenir de nombreux enfants.

 

Quelques chiffres qui doivent nous interpeller

Les violences conjugales demeurent l'une des formes de violence les plus répandues dans notre société. Chaque année en Belgique, plusieurs dizaines de milliers de faits sont signalés aux services de police. Derrière ces chiffres se cachent autant de femmes, d'hommes et d'enfants dont la vie est bouleversée.

  • Plus de 40.000 faits de violences entre partenaires sont enregistrés chaque année par les services de police en Belgique.
  • En moyenne, plusieurs dizaines de femmes perdent la vie chaque année dans un contexte de violences conjugales ou intrafamiliales.
  • Les enfants exposés à ces violences sont eux aussi des victimes : ils présentent davantage de risques de développer des traumatismes psychologiques, des troubles anxieux, des difficultés scolaires ou de reproduire ces schémas de violence à l'âge adulte.
  • Selon les associations d'aide aux victimes, de nombreuses violences ne sont jamais dénoncées, par peur, dépendance affective, financière ou par crainte des représailles.

Derrière chaque statistique se cache un visage, une famille et une souffrance. Les violences conjugales ne peuvent plus être considérées comme un simple fait divers : elles constituent un véritable enjeu de sécurité publique et de protection des droits fondamentaux.

Comme d'autres membres du mouvement Révolution, notre Secrétaire générale, Nora Patteri a connu l'horreur des violences familiales. 

" Comme beaucoup de victimes, je me suis tue. Non pas parce que j’acceptais la violence, mais parce que j’avais peur. Peur de briser ma famille. Peur de faire souffrir mes enfants. Peur des conséquences pour mon conjoint. Peur du regard des autres. Peur de ne pas être crue... " 

Alors on se tait. On espère que tout va changer. On minimise, on pardonne, on s’accroche au moindre espoir.

Mais la violence ne s’arrête jamais d’elle-même.

La violence s’installe progressivement. Les insultes deviennent des humiliations. Les humiliations deviennent des coups. Et les coups peuvent conduire jusqu’à la tentative de meurtre… 

Chaque jour, des victimes vivent dans la peur. Certaines parviennent à s’en sortir. D’autres gardent des séquelles à vie. D’autres encore n’en auront jamais l’occasion.

Le sentiment d’abandon

Le plus difficile, c’est souvent le sentiment d’abandon.

Quand une victime trouve enfin le courage de parler, elle attend d’être protégée. Pourtant, trop souvent, les procédures sont longues, les décisions arrivent tard et les sanctions ne sont pas à la hauteur des violences commises. Cette réalité décourage de nombreuses victimes de porter plainte et laisse parfois les auteurs libres de recommencer.

Il est temps d’agir

Face à cette situation, il est temps d’agir avec fermeté.

Le Mouvement Révolution défend une politique de tolérance zéro contre les violences conjugales et domestiques.

Nous proposons une justice rapide et efficace, avec des peines adaptées à la gravité des faits et, pour les crimes les plus graves, des peines incompressibles, sans possibilité de libération anticipée. En cas de récidive, les sanctions doivent être renforcées.

Nous voulons créer une Brigade spéciale "Violences Conjugales et Domestiques", disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, composée d’agents spécialement formés pour intervenir immédiatement, protéger les victimes, recueillir leur témoignage, assurer leur sécurité et les accompagner dans toutes leurs démarches.

Les auteurs condamnés devront suivre un programme obligatoire de restructuration et de responsabilisation en prison, afin de lutter contre la récidive et de les confronter à la gravité de leurs actes.

Nous proposons également la mise en place d'un registre national des auteurs de violences conjugales, afin de mieux prévenir les récidives et de renforcer la protection des victimes. Il doit être possible de consulter un tel registre afin de savoir si l'individu avec lequel on décide de se mettre en couple a déjà été condamné par le passé pour des violences conjugales.

Les victimes de tels faits doivent en outre bénéficier d’une protection immédiate, d’un hébergement sécurisé si nécessaire, d’un accompagnement psychologique, médical et juridique, ainsi que d’une prise en charge rapide par la justice.

Le conjoint violent devra également réparer le préjudice qu’il a causé. Cela passe par une indemnisation décidée par la justice, à la hauteur des souffrances subies, ainsi que par le respect de toutes ses obligations financières envers ses enfants. En cas de refus, des saisies sur ses revenus et ses biens devront être possibles.

Parce que la prévention est essentielle, nous voulons instaurer un programme spécifique d’éducation dès le plus jeune âge, consacré au respect, à l’égalité, au consentement et à la gestion des conflits. Sensibiliser les enfants d’aujourd’hui, c’est prévenir les violences de demain.

Le silence protège l’agresseur

Les violences conjugales ne sont pas un conflit de couple.

Ce sont des violences.
Ce sont des crimes.

Le silence protège l’agresseur.
La parole peut sauver une vie.

Nora Patteri : " À toutes les victimes qui liront ces lignes, je veux dire une chose : vous n’êtes pas seules. La honte appartient à celui qui frappe, jamais à celle ou celui qui subit. "

Protéger les victimes.
Sanctionner les auteurs.
Prévenir la récidive.

Aucune violence.
Aucune excuse.
Aucune impunité.

 

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