Pédo-criminalité : protéger les enfants, écouter les victimes et punir sévèrement les prédateurs !
Par Laurent Louis Justice

Pédo-criminalité : protéger les enfants, écouter les victimes et punir sévèrement les prédateurs !

Chaque année en Belgique, des femmes et des hommes trouvent enfin le courage de révéler les violences sexuelles qu'ils ont subies durant leur enfance. Pour certains, cette parole se libère quelques années après les faits. Pour d'autres, il faudra attendre vingt, trente, parfois quarante années avant qu'ils puissent enfin raconter l'indicible.

Pendant longtemps, ce silence a été interprété comme un manque de crédibilité, voire comme un motif de suspicion. Pourtant, les progrès considérables de la psychiatrie, des neurosciences et de la psychotraumatologie démontrent aujourd'hui une réalité toute autre : le silence est souvent une conséquence directe du traumatisme lui-même.

La Belgique a déjà franchi une étape importante en supprimant, en 2019, la prescription des infractions sexuelles les plus graves commises sur des mineurs. Cette décision constitue une avancée majeure pour les victimes. Mais elle ne peut être qu'un commencement. Il est désormais indispensable d'adapter l'ensemble de notre système judiciaire aux connaissances scientifiques les plus récentes, tout en renforçant considérablement la protection des enfants et la sévérité des sanctions à l'encontre de leurs agresseurs.


Quand le cerveau protège l'enfant... au prix du silence

Les violences sexuelles commises sur un enfant provoquent des blessures qui dépassent largement les seules souffrances psychologiques immédiates. Elles peuvent profondément modifier le fonctionnement du cerveau.

Depuis plusieurs décennies, les recherches scientifiques décrivent un phénomène appelé amnésie traumatique. Face à une violence insupportable, le cerveau met en place des mécanismes de survie, notamment la dissociation psychique. Les souvenirs ne disparaissent pas nécessairement, mais ils peuvent devenir temporairement inaccessibles à la conscience avant de réapparaître, parfois plusieurs dizaines d'années plus tard.

La psychiatre française Muriel Salmona, spécialiste reconnue des psychotraumatismes, explique que cette mémoire traumatique constitue un véritable mécanisme neurobiologique de protection permettant à la victime de survivre psychiquement lorsque l'insupportable devient impossible à affronter.

Les travaux de la psychologue américaine Linda M. Williams, ainsi que les conclusions de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE), confirment également que de nombreuses victimes ne sont en mesure de révéler les faits qu'à l'âge adulte.

Ces observations ne signifient évidemment pas que tous les souvenirs retrouvés sont automatiquement exacts dans leurs moindres détails. En revanche, elles démontrent clairement qu'un silence de plusieurs décennies est parfaitement compatible avec les connaissances médicales actuelles et ne peut, à lui seul, discréditer la parole d'une victime.


La Belgique a ouvert la voie... mais le travail est loin d'être terminé

En adoptant la loi du 14 novembre 2019 supprimant la prescription des infractions sexuelles graves commises sur des mineurs, la Belgique est devenue l'un des premiers pays européens à reconnaître officiellement cette réalité.

Le législateur a ainsi admis qu'un enfant victime d'agressions sexuelles ne choisit pas librement le moment où il pourra parler. La Cour constitutionnelle a d'ailleurs confirmé cette réforme en jugeant qu'elle respectait pleinement les principes fondamentaux de notre État de droit.

Cette évolution représente une victoire importante pour toutes les victimes.

Mais une réforme législative ne suffit pas si les mentalités et les pratiques ne changent pas elles aussi.


La science doit désormais entrer pleinement dans les tribunaux

Aujourd'hui encore, de nombreuses victimes se heurtent à une question qui revient trop souvent :

« Pourquoi avoir attendu trente ans avant de parler ? »

La science apporte pourtant une réponse claire : parce que le traumatisme peut lui-même empêcher la victime de parler.

Cette réalité reste encore insuffisamment connue de nombreux professionnels appelés à intervenir dans ces dossiers.

Policiers, magistrats, experts judiciaires, médecins, psychologues, assistants sociaux ou intervenants de première ligne devraient tous bénéficier d'une formation approfondie sur les mécanismes de dissociation, d'emprise et de mémoire traumatique.

Comprendre ces phénomènes ne signifie évidemment pas qu'il faille renoncer aux principes fondamentaux de la justice, notamment la présomption d'innocence, le contradictoire ou l'exigence d'une preuve suffisante. Cela signifie simplement que les dossiers doivent être appréciés à la lumière des connaissances scientifiques actuelles plutôt qu'au travers de préjugés dépassés.


Pour le Mouvement Révolution, protéger les enfants doit devenir une priorité nationale

Une société se juge à la manière dont elle protège ses enfants.

Or, pendant trop longtemps, les victimes ont dû affronter non seulement leur agresseur, mais également l'incompréhension, le doute, la lenteur judiciaire et parfois même le sentiment d'être davantage mises en cause que celui qui les avait détruites.

Cette situation n'est plus acceptable.

La lutte contre la pédo-criminalité ne peut pas se limiter à quelques réformes techniques. Elle doit devenir une véritable priorité nationale.

Les enfants ne disposent d'aucun moyen de se défendre face à un prédateur. C'est donc à la société toute entière d'assumer cette responsabilité.


Les propositions du Mouvement Révolution

Le Mouvement Révolution défend une politique de tolérance zéro envers les auteurs de violences sexuelles commises sur des mineurs.

Nous soutenons naturellement le principe de l'imprescriptibilité des infractions sexuelles graves commises sur les enfants.

Mais nous voulons aller beaucoup plus loin.

Nous proposons notamment de :

  • rendre obligatoire une formation spécialisée sur le psychotraumatisme pour les magistrats, policiers, experts judiciaires et professionnels de première ligne ;
  • intégrer pleinement les connaissances scientifiques relatives à la mémoire traumatique dans l'analyse des dossiers judiciaires ;
  • renforcer considérablement l'accompagnement psychologique des victimes avant, pendant et après les procédures ;
  • développer les Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) afin que chaque victime puisse bénéficier rapidement d'un accompagnement spécialisé ;
  • soutenir davantage la recherche scientifique consacrée aux conséquences des violences sexuelles subies durant l'enfance.

Mais parce que protéger les victimes implique aussi d'empêcher la récidive, nous défendons également des mesures pénales beaucoup plus fermes.

Le Mouvement Révolution propose ainsi :

  • la création d'un registre public des délinquants sexuels, afin que les citoyens puissent connaître l'identité des personnes condamnées pour des infractions sexuelles graves et mieux protéger leurs enfants ;
  • des peines incompressibles pour les auteurs de viols commis sur des mineurs ;
  • la perpétuité réelle pour les auteurs d'assassinats d'enfants à caractère sexuel ;
  • la possibilité de recourir à la castration chimique, dans le respect du cadre légal, lorsqu'elle constitue un moyen supplémentaire de prévenir efficacement la récidive.

Nous refusons que les droits des prédateurs soient systématiquement mieux protégés que ceux des enfants.

Une société véritablement civilisée doit faire passer la protection des innocents avant le confort de ceux qui les ont détruits.


Croire la science, écouter les victimes, protéger les enfants

Pendant trop longtemps, les victimes ont entendu que leur silence les rendait suspectes.

Aujourd'hui, la médecine, la psychiatrie et les neurosciences démontrent exactement le contraire.

Le silence peut être l'une des conséquences directes du traumatisme.

Il appartient désormais à notre justice d'intégrer pleinement cette réalité scientifique.

Mais il appartient également aux responsables politiques d'avoir le courage de dire qu'il existe des crimes qui méritent une réponse exceptionnelle.

Les violences sexuelles commises contre des enfants ne sont pas des infractions comme les autres. Elles détruisent des vies, des familles et parfois plusieurs générations.

C'est pourquoi le Mouvement Révolution refuse toute forme de complaisance envers les prédateurs sexuels.

Nous voulons une justice qui protège d'abord les enfants.

Nous voulons une justice qui écoute réellement les victimes.

Nous voulons une justice qui sanctionne les criminels à la hauteur de la gravité de leurs actes.

Parce qu'une société qui n'est plus capable de protéger ses enfants est une société qui renonce à son avenir. Et parce que derrière chaque dossier judiciaire se cache un enfant qui, un jour, a vu son innocence lui être volée. Notre devoir est de faire en sorte qu'aucune victime ne soit oubliée, qu'aucun prédateur ne bénéficie de la moindre indulgence et que plus jamais le silence imposé par le traumatisme ne puisse servir d'argument contre celles et ceux qui trouvent enfin la force de dire :

« Voilà ce que j'ai vécu. »

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