La culture sacrifiée sur l'autel de l'austérité ?
Par Laurent Louis Social

La culture sacrifiée sur l'autel de l'austérité ?

Pendant que nos dirigeants débattent de chiffres, de budgets et de restrictions, une autre réalité se joue loin des bureaux ministériels : celle des artistes, des techniciens, des organisateurs d'événements, des bénévoles associatifs et de tous ceux qui font vivre la culture au quotidien.

Depuis plusieurs semaines, les annonces du gouvernement suscitent une profonde inquiétude dans le monde culturel. Derrière les mots rassurants et les discours budgétaires se cache une menace bien réelle : l'affaiblissement progressif d'un secteur déjà fragilisé par des années de sous-financement, de précarité et d'incertitudes.

Pour certains responsables politiques, la culture semble être devenue une dépense parmi d'autres, une variable d'ajustement que l'on peut réduire lorsque les finances publiques se tendent. Cette vision est une erreur. Une grave erreur !

La culture n'est pas un luxe. Elle n'est pas un privilège réservé à une élite. Elle est ce qui donne une âme à une nation. Elle est ce qui nous rassemble au-delà de nos différences. Elle transmet notre histoire, nos traditions, nos valeurs et notre créativité aux générations futures.

Une société qui abandonne sa culture finit toujours par perdre une partie de son identité !

Le statut d'artiste n'est pas un privilège

Parmi les mesures qui suscitent le plus de préoccupations figure la remise en question du statut d'artiste.

Pour ceux qui ne connaissent pas la réalité du secteur, ce statut peut parfois apparaître comme un avantage particulier. La vérité est toute autre.

Le travail artistique ne ressemble à aucun autre. Il est rythmé par des périodes de création, de répétition, de recherche et de diffusion. Il est souvent constitué de contrats courts, irréguliers et parfois imprévisibles. Le statut d'artiste n'est pas un privilège : c'est un outil indispensable qui permet à des milliers de créateurs de poursuivre leur activité malgré cette réalité économique particulière.

Le fragiliser reviendrait à précariser davantage celles et ceux qui contribuent pourtant au rayonnement culturel de la Belgique.

Les festivals : premières victimes des coupes budgétaires

Les conséquences ne s'arrêteront pas aux artistes.

Les festivals, les centres culturels, les salles de spectacle, les associations et les structures locales risquent eux aussi de subir de plein fouet les restrictions budgétaires annoncées.

Pourtant, les festivals sont bien plus que de simples événements festifs. Ils créent de l'emploi, attirent des visiteurs, dynamisent l'économie locale et permettent à de jeunes talents de se faire connaître.

Les coupes budgétaires pourraient entraîner :

  • Une diminution des aides publiques ;
  • Une programmation plus prudente et moins audacieuse ;
  • Une hausse du prix des billets ;
  • Une réduction des moyens consacrés à la sécurité, à la technique ou à l'accueil des artistes ;
  • Et, dans certains cas, la disparition pure et simple de certains événements.

Ce serait une perte considérable pour nos villes, nos communes et notre patrimoine culturel.

Quand la culture recule, c'est la société qui s'appauvrit

La Belgique possède un tissu culturel riche et diversifié. Mais derrière cette richesse se cache une réalité plus fragile qu'on ne l'imagine.

De nombreuses structures fonctionnent déjà avec des budgets serrés et une forte dépendance aux aides publiques. Chaque réduction budgétaire produit donc des conséquences immédiates.

Lorsqu'un festival disparaît, ce n'est pas seulement une scène qui s'éteint. Ce sont des rencontres qui n'auront plus lieu. Ce sont des artistes qui perdront une opportunité de se produire. Ce sont des citoyens qui perdront un espace de partage, de découverte et d'émotion.

La culture crée du lien social. Elle favorise l'ouverture d'esprit. Elle nourrit la réflexion. Elle rapproche les générations et les communautés.

La fragiliser, c'est fragiliser une partie de notre cohésion nationale.

La culture est un investissement, pas une charge !

Au sein de Révolution, nous refusons cette logique purement comptable qui réduit tout à des colonnes de chiffres.

Soutenir les artistes, les festivals et les structures culturelles, ce n'est pas financer une dépense superflue. C'est investir dans l'éducation, dans la cohésion sociale, dans la créativité, dans le dynamisme économique et dans l'identité de notre peuple.

Une nation qui ne croit plus en sa culture cesse progressivement de croire en elle-même.

Nous devons faire un choix de société.

Voulons-nous d'une Belgique où la culture devient un produit de luxe réservé à quelques-uns ? Ou voulons-nous d'une Belgique où chacun peut continuer à créer, à découvrir, à partager et à transmettre ?

Chez Révolution, notre réponse est claire ! La culture n'est pas une charge. Elle est une richesse collective. Elle mérite d'être protégée, soutenue et valorisée !

Parce qu'une Belgique heureuse commence aussi par une culture forte ! 

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